Berce du Caucase dans les Alpes

La sève de la berce du Caucase provoque des brûlures parfois très graves car, elle est photosensible : au contact du soleil, elle agit sur la peau comme un acide. Le simple contact d’une feuille peut déclencher la brûlure. Un jardinier distrait qui travaille sans gants peut ainsi être gravement brûlé, de même que les enfants qui utilisent parfois la tige creuse de la plante comme sarbacane ou pire, comme longue-vue. Le contact direct avec la sève est indolore, la brûlure ne commence qu’après minimum 15 minutes voire deux heures, la victime reste donc tranquillement au soleil, ne se rendant pas compte du danger. La peau affectée peut rester sensible aux rayons ultraviolets pendant des années.

Très présente en Allemagne et en Grande-Bretagne, la Berce du Caucase a fait son apparition en Francedans les années 2000, sur les talus, le long des bords de route, dans les terrains vagues et les friches, mais aussi sur les berges des rivières. Néanmoins, il ne faut pas la confondre avec La Berce commune, "une espèce indigène, à la taille plus modeste (1,5 à 2 m) avec une ombelle ne comportant que 35 rayons au maximum", précise le Conservatoire national. Et surtout, complètement inoffensive. 

La belle caucasienne qui n'aimait que les territoires montagneux, humides et froids, la voilà qui parade et s'exhibe  dans les Alpes-Maritimes. Au plus grand désarroi des scientifiques et de la population locale. La berce du Caucase, parfois appelée berce géante, ou encore Heracleum mantegazzianum de son nom scientifique, est une plante pouvant atteindre cinq mètres de haut, surmontée durant l'été d'une jolie inflorescence blanche. Résistante à des températures allant jusqu'à - 40 °C, et capable de croître de plusieurs centimètres par jour, elle fut d'abord importée de Géorgie comme plante ornementale dans les arborétums et les jardins durant le 19e siècle.

Puis une espèce voisine, Heracleum sosnowskyi, connut son heure de gloire sous Staline, qui imposa sa culture de Saint-Pétersbourg jusqu'en Sibérie, afin d'obtenir un fourrage riche en protéines avec des rendements records. Un bien mauvais calcul Car non seulement ces deux espèces de berces géantes ont une fâcheuse tendance à envahir les zones où elles se sentent à l'aise, puis à capter toute la lumière du soleil grâce à leurs larges parasols, étouffant petit à petit les espèces indigènes plus courtes sur tige, mais elles produisent également une substance toxique qui provoque des brûlures particulièrement douloureuses.

Pour l'heure, aucune lutte ne s'est avérée réellement efficace :  ni les coupes manuelles, ni les tracteurs rasant sans pitié des champs entiers.
La découverte d'un nouveau foyer de berce du Caucase dans le sud de la France apparaît donc comme une très mauvaise nouvelle. D'autant que la belle pernicieuse s'étale déjà sur plus de 10 km le long d'un cours d'eau.

Introduite par un colonel anglais venu s'installer dans la région il y a plus de 50 ans, la fleur a d'abord végété dans son jardin avant de se réveiller subitement il y a quelques années. Elle aurait profité de la rivière voisine comme moyen de transport pour s’installer sur d’autres habitats humides, ensoleillés et riches en azote. Sachant qu’une fleur produit entre 10 000 et 100 000 graines par été, et qu’une graine peut survivre jusqu’à trois jours dans l’eau (donc parcourir un bon nombre de kilomètres), puis attendre une situation favorable pour germer durant sept ans, on comprend vite toute la difficulté à contenir une telle envahisseuse.

«En 2008, dès que nous avons réalisé l’ampleur des dégâts, nous avons alerté les pouvoirs publics et l’ONF, gestionnaire des principaux terrains concernés, afin de réagir au plus vite, explique Isabelle Mandon, responsable du programme «Plantes invasives» au Conservatoire botanique national méditerranéen de Porquerolles, en charge du dossier. Nous sommes en train de mettre au point une stratégie d’éradication avec un suivi sur plusieurs années. Mais il faut faire vite : les surfaces concernées sont déjà importantes.» D’après les études existantes, seul un quart des infestations comprises entre 100 et 1 000 hectares peut être éradiqué. A condition toutefois d’y consacrer d’importants moyens humains et financiers. L’Allemagne dépenserait ainsi 10 millions d’euros chaque année pour contrôler cette fleur ! «On peut éviter de payer des millions d’euros dans le futur en déboursant maintenant une somme bien moins importante. C’est le principe de la détection précoce. Une politique trop mal connue en France, qui gagnerait à se généraliser…», poursuit la botaniste.

Stratégie nationale

En réalité, il n’existe pour l’heure encore aucune politique nationale concernant ces espèces végétales envahissantes. Ainsi, d’autres foyers d’invasions de la berce géante ont été détectés en France, notamment dans le Nord des Alpes, mais chacun agit dans son coin : on encourage l’arrachage des pieds ici, la pulvérisation de glyphosate ailleurs, ou bien on installe des herbivores dans un pré infesté. Et on continue à vendre cette plante dans des jardineries et à transporter ses graines à travers les frontières.

Toutefois, les choses pourraient bien évoluer prochainement, puisque le ministère de l’Agriculture vient de mettre sur pied une mission «plantes envahissantes» au sein du laboratoire national de protection des végétaux. «Notre objectif est de devenir l’interlocuteur unique face à ces invasions, et de définir une stratégie nationale avec des procédures claires qui permettent de détecter au plus tôt les nouvelles espèces invasives introduites, de les éradiquer rapidement, voire d’empêcher leur arrivée sur notre territoire», explique Guillaume Fried, en charge de cette toute première initiative. Mieux vaut tard…

Source : d'après un article paru dans Libération.fr (Lise Barnéoud)

Commentaires

jeudi 01 juillet 2010

Webmaster S.V. dit :RE

protégez-vous complètement avec des vêtements, portez de gros gants caoutchouc ou jardinage, coupez à la base avec faux ou faucille puis déterrez le pied à la bêche. Jetez le tout dans un grand sac poubelle et portez à la déchetterie ou bien brûlez si vous en avez la possibilité. De toute manière informez l'ONF ou votre mairie de la présence de cette plante invasive et dangereuse.

jeudi 01 juillet 2010

Lyssandre dit :berce

je vien de me faire bruller par cette plante quel cochemar elle etait dans mon jardin et je ne savais pas quel etait dangereuse et voila les jambes les bras bruler je ne c pas quoi faire pour ne plus en avoire dans mon jardin  ?

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