Mis à jour 12/10/2014 11:45 - Crée le 01/07/2008 12:09

Inondations Mississipi

Parmi les grands fleuves, le Mississipi, long de 3 780 km, décrivant tresses et méandres, est enclin à s'étaler, car sa pente est très faible.
La crue la plus meurtrière du Mississipi, en 1927, inonda 66 000 km2, touchant sept États.

À Saint-Louis, le Mississipi a atteint la cote de 11,3 mètres en juin 2008 soit près de quatre mètres sous le record de 1993.

Près d'une trentaine de digues ont cédé sur le cours du fleuve mi-juin, ce qui a réduit le risque d'inondations en aval. Aucune n'a été submergée samedi et les opérations de consolidation ont été interrompues dans certains secteurs.

"Saint-Louis a été épargnée. Tout tient le coup au nord", s'est félicité John Daves, au nom du corps du Génie, chargé de l'entretien des digues.

Deux millions d'hectares de terres cultivées dans cinq États ont été submergées, ce qui devrait alimenter la hausse des cours des céréales. Les dégâts on été évalués à trois milliards de dollars dans l'Iowa, état le plus touché. L'Iowa et l'Illinois, produisent à eux deux un tiers du maïs et du soja américains.

Le Mississipi a entamé sa décrue, épargnant la ville de Saint-Louis après avoir causé plusieurs milliards de dollars de dégâts en amont.

Les services de secours ont désormais les yeux rivés sur le ciel, craignant que de nouvelles précipitations n'inversent la tendance dans le Midwest, qui n'avait pas connu de telles inondations depuis 15 ans. L'heure est désormais à l'évaluation des dégâts dans les villes et villages affectés.

"Pour le moment, les choses semblent aller bien. La phase de crise est passée et c'est encourageant. On pousse un soupir de soulagement", s'est réjoui Blake Roderick, responsable local de la chambre d'agriculture. Quelques averses et des orages isolés sont toutefois prévus dans le sud du Wisconsin.

Les inondations

L'eau, dès qu'elle sort de son lit ou de son bassin naturel, qu'elle se met en mouvement et qu'elle envahit indifféremment les campagnes et les zones urbaines a une force considérable.

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Il est facile d'imaginer que de grandes quantités d'eau mises en mouvement puissent balayer des voitures, des maisons et des ponts, et causer des morts par noyade. Mais ces débordements ont d'autres façons de faire des victimes. Des villes et villages peuvent se retrouver dévastés, laissant leurs habitants sans abri.

Pourtant les plaines propices aux inondations ont toujours attiré l'homme. Ce sont des voies de communication aisées entre les régions, et il est commode de s'y installer. De plus, les alluvions et les limons apportés par les eaux donnent des terres très fertiles.

Le type d'inondations le plus fréquent, correspond à des cours d'eau qui sortent de leur lit à la suite d'importantes précipitations ; ces débordements ne sont pas soudains, et l'homme peut généralement observer la montée des eaux jusqu'à ce que le fleuve ou la rivière s'épande hors de son cours naturel. Phénomène bien plus rapide, les inondations dues aux orages résultent des pluies torrentielles sur des sols déjà gorgés d'eau, imperméables naturellement ou artificiellement, comme en zone urbaine, qui dévalent les pentes pour inonder les zones topographiquement basses : ce sont les crues subites.

La fréquence des crues

Un autre facteur naturel peut influer sur les crues d'un fleuve : sa position géographique sur la planète. Par exemple, l'Amazone , dont le débit d'eau est le plus important du globe, ne présente des crues que très rarement. Cela est dû à une distribution des affluents de part et d'autre de l'équateur : ceux-ci reçoivent des pluies à des époques différentes.

Pour classer les inondations, les hydrologues emploient une méthode statistique assez classique, fondée sur les données historiques. Selon ce que l'on sait du comportement antérieur d'un cours d'eau, une crue donnée peut être considérée comme décennale ou centennale, c'est-à-dire qu'elle peut, en moyenne, se reproduire une fois tous les dix ans ou tous les cent ans.

Mais il ne faut surtout pas en conclure que les inondations ont lieu régulièrement tous les dix ou tous les cent ans. Le Mississipi, par exemple, a eu des crues centennales en 1934, 1944, 1947, 1951, 1993.

Infiltration et ruissellement

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Les inondations ne sont pas toujours inévitables, et, trop souvent, l'impact des aménagements est plus fautif que le climat.
L'eau de pluie peut ruisseler, c'est-à-dire s'écouler à la surface du sol, ou s'infiltrer et rejoindre d'abord l'humidité du sol, puis éventuellement une nappe d'eau souterraine. Le ruissellement n'aura lieu que s'il est impossible à l'eau de s'infiltrer.

Dans un cycle purement naturel, on estime que l'eau qui tombe du ciel s'évapore, pour 60 à 70 %, par l'intermédiaire des plantes. Ce qui demeure au sol est normalement pour moitié  absorbé par le sol, le reste s'écoule dans les cours d'eau.

Ce cycle naturel est désormais perturbé par l'homme, qui modifie parfois considérablement l'aspect physique d'un bassin versant, comme c'est le cas avec certaines pratiques agricoles, qui, laissant des sols nus en hiver, favorisent le ruissellement et l'érosion ce qui est le cas dans plusieurs états traversés par le Mississipi.

Le déboisement et le remembrement des terres favorisent également le ruissellement. Mais c'est probablement l'urbanisation de nombreux bassins versants qui est le plus susceptible de créer ou d'accroître le risque de crue. L'urbanisation - construction de bâtiments, de routes, de parcs de stationnement - a comme conséquence de rendre imperméable la surface du sol, ce qui favorisera le ruissellement aux dépens de l'infiltration.

Il est très vraisemblable que le nombre d'événements de précipitations intenses augmentera sur beaucoup de pays. L'effet de serre, l'aménagement des sols, le développement de l'irrigation,  expliquent ces évolutions.

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