Ecologie

Intéressant

Le réchauffement climatique, voir le début d'un dossier qui sera consacré mois après mois à ce sujet brûlant dans un autre site bien documenté car il est déjà trop tard pour certaines merveilles du monde.

Mis à jour 21/05/2014 21:43 - Crée le 11/10/2006 13:51

Shishmaref en Alaska va disparaitre

Shishmaref en Alaska va disparaitre

Balayée par les vents, avec la mer à perte de vue mais sans eau courante, l'île est située sur la mer Chukchi, au nord du détroit de Béring, à 150 km de la Russie et à des milliers de kilomètres de la capitale Washington.

Large d'environ 600 m et longue de 5 km, l'île est posée sur le "permafrost" (du sable gelé)."On constate en Alaska un important réchauffement depuis au moins 30 ans. Les températures atmosphériques augmentent et celles dans le permafrost se réchauffent", explique à l'AFP Vladimir Romanovsky, professeur de géophysique à l'Université d'Alaska Fairbanks.

Sous l'effet du dégel, le permafrost devient plus vulnérable aux inondations dues à la fonte de la banquise et des glaciers qui augmente le niveau de la mer, et aux tempêtes plus violentes qui arrachent des pans entiers de l'île. Le permafrost recouvre "plus de 85%, probablement 90% de l'Alaska" et de nombreux experts ont récemment averti que la région arctique serait victime des changements climatiques en cours, l'Alaska étant la partie visible de l'iceberg qui fond.

Chaque année, Les habitants vivent dans la terreur que la prochaine tempête ne soit celle qui les emportera tous. Les vagues ont détruit de nombreux entrepôts, des bateaux, des séchoirs à viande et poisson et des réserves alimentaires conservées dans le permafrost. Une maison s'est effondrée et une vingtaine de personnes ont dû quitter le rivage pour des endroits plus sûrs à l'intérieur de l'île. Mais c'est tout le village de 600 habitants qui doit déménager. Le village, presque exclusivement Esquimau Inupiak, a voté en juillet 2002 le déménagement collectif sur le continent. Neuf sites ont été sélectionnés mais Tin Creek, situé à 18 km de Shishmaref et à trois kilomètres de la côte, semble être privilégié. Une décision doit intervenir prochainement mais ce ne sera que cinq ans plus tard qu'ils commenceront vraiment à déménager. Entre 160 et 200 millions de dollars seront nécessaires pour l'opération. Il faudra ensuite trouver les financements faramineux pour la construction du nouveau village qui prendra plusieurs années.

Intégrer une autre communauté est inacceptable car l'éparpillement des habitants aurait pour conséquence la destruction de la petite communauté liée par la famille, des valeurs et des traditions" en effet, plus de 80% des habitants sont apparentés.

En outre, le déménagement de la communauté dans une région éloignée de son territoire natal aurait un impact catastrophique sur le mode de vie et l'identité des habitants."Nous sommes sur l'île depuis 4.000 ans, nous sommes un peuple de la mer, la mer est notre principal garde-manger".

Mais le simple fait de déménager sur la terre ferme représentera de toute façon un très grand changement parce que le mode de vie sera différent et les contacts avec le monde extérieur plus nombreux.

Shishmaref en 1998

Fatalisme et humour

La plupart des habitants, en tout cas, se préparent à tout avec fatalisme et humour. Dans sa petite maison, Delano Barr, 62 ans, sculpte des bijoux dans des dents de morse, un art que chaque enfant apprend à l'école, pendant que sa tante Katherine Barr, 87 ans, à plat ventre sur son lit, dans un capharnaüm invraisemblable, coud des chaussons en fourrure de phoque. Il évoque la vie future : «A Tin Creek, il faudra complètement se réadapter. On sera loin de l'océan, qui est notre garde-manger naturel : il sera au moins à 20 kilomètres. On sera obligés de laisser nos bateaux quelque part sur la côte.» Minnie, sa femme, bougonne : «S'il reste encore une côte !», et tout le monde rit de bon coeur.

Source : Par Pascal RICHE - envoyé spécial.
Libération
mercredi 19 janvier 2005

Commentaires

mardi 12 juin 2007

Ludovic dit :la suite

Réfugiés Climatiques : les 600 habitants devraient être relogés d’ici 2009 puisque l'eau va "bouffer" les côtes.

mardi 06 février 2007

Isabelle dit :Et maintenant ?

Est-ce que ce village est détruit complètement ? peut-on savoir la suite ?

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