Mis à jour 14/08/2014 20:37 - Crée le 15/03/2009 10:03

Touche pas à ma Picardie

DONNEZ VOTRE OPINION

Sur ce site officiel,

les remarques des français seront prises en compte

par le Comité chargé du dossier aux fins d'étude.

Si vous voulez qu'on vous écoute,

soyez corrects dans vos propos,

argumentez bien et défendez vos idées.

LES PICARDS COMPTENT SUR VOUS

L’existence même de la Picardie est menacée par le Gouvernement qui envisage sa disparition pure et simple.

Aujourd'hui 17 mars 2009, 110 000 personnes soutiennent ce collectif sur Internet (78 000 signatures électroniques enregistrées depuis le 3 février 2009 et  plus de 30 800  membres sur Facebook).

Soutenez la Picardie et signez la pétition

"Touche pas à ma Picardie"

La terre picarde, qui a vu passer pas mal d’envahisseurs depuis quatre siècles, ne s’attendait vraisemblablement pas à se faire anéantir par un obus tiré depuis Paris. Le rapport Balladur pourrait conduire en effet à la fin de cette région en dispersant ses trois départements : l’Oise serait rattachée à l’Ile-de-France, la Somme au Nord-Pas-de-Calais et l’Aisne à Champagne-Ardennes. Ce serait alors la fin de la Picardie. Mais la fin de quoi au juste ? Existe-t-il une vraie identité picarde ? Il semble que oui.

Une histoire «colérique»

«Réveillez-vous, Picards, Picards et Bourguignons ! / Et trouvez la manière d’avoir de bons bâtons, / Car voici le printemps et aussi la saison / Pour aller à la guerre donner des horions», exige une chanson de 1480. Car à l’époque, déjà, on faisait des misères à la Picardie : la région (ainsi que l’Artois et la Franche-Comté) venait de passer sous le contrôle de l’archiduc et empereur Maximilien d’Autriche.

A défaut de «bons bâtons», les habitants de la région s’équipaient plus volontiers de piques, d’où leur nom de Picards, selon des sources qui font remonter cette appellation au XIIe siècle. D’autres voient dans les Picards des «piocheurs», c’est-à-dire des agriculteurs, en arguant de documents de 1248. La Picardie actuelle correspond approximativement à la Picardie historique - Somme, nord de l’Oise et nord de l’Aisne - avec des ajouts de Champagne et d’Ile-de-France. Le sud de l’Oise et le Soissonnais appartenaient à la couronne de France. Les racines profondes de la Picardie semblent être belges. Au temps de la guerre des Gaules vivaient ici des peuples pour lesquels César professait un amour vachard : «Les Belges sont les plus braves de tous les peuples gaulois, parce qu’ils restent tout à fait étrangers à la politesse et à la civilisation de la province romaine.» Ils ont, depuis, fait quelques progrès : pour se défendre, ils n’usent désormais ni de bâtons ni de piques, mais de pétition sur Internet (Touchepasamapicardie.fr), déjà signée par près de 50 000 personnes. Quant au groupe Facebook, il a franchi hier le seuil des 20 000 membres. Balladur, rends-toi, les Picards et la «colérique Picardie» (dixit Jules Michelet) sont presque dans la rue !

Une langue toujours vivante

Caroline Cayeux, maire UMP de Beauvais et présidente du groupe «Aimer la Picardie» au conseil régional, l’a clamé toute la semaine devant quantité de micros : «Cayeux, ça veut dire caillou en picard.» Quant au président de la région, le socialiste Claude Gewerc, il ne cesse de rappeler que «c’est en Picardie qu’est née la langue française». Le français est né officiellement en 1539 à Villers-Cotterêts (Aisne), par une ordonnance qui en a fait la langue de tous les actes administratifs, au détriment du latin et des langues régionales. Parmi lesquelles le picard, justement.

L’empreinte picarde sur la France, c’est d’abord celle de sa langue. Le picard est une langue d’oïl dont le domaine linguistique a été très vaste : il allait de Beauvais jusqu’à Mons (Belgique), de Laon jusqu’à Calais. Bref, tout le nord de la France plus une partie du Hainaut belge. Dans le Nord-Pas-de-Calais, cette langue est appelée improprement chtimi.

Le picard aurait encore aujourd’hui 500 000 locuteurs, selon Jean-Michel Eloy, professeur de langue et littérature picardes à l’université Jules-Verne d’Amiens. «Une estimation précise est difficile à faire, mais il est certain qu’il y a aujourd’hui bien plus de gens qui parlent picard que de gens qui parlent corse.» Eloy a bon an mal an entre 50 et 80 étudiants et constate un «intérêt de plus en plus vif» pour la culture picarde. L’université de Lille-III à Villeneuve-d’Ascq propose également un enseignement de langue et culture picardes. Un Centre d’études picardes a été créé dès 1971 à Amiens.

Des symboles terriens

La tendre rose de Picardie ! Celle de la chanson serait née en 1916, de la rencontre d’un soldat britannique avec une habitante d’un village de la Somme. Frappé par le contraste entre les combats terribles et la vision d’une femme prenant soin de ses rosiers, le soldat (Frederick Edward Weatherly) aurait décidé d’écrire un poème, devenu la chanson véhiculée par mille bouches, dont celles de Tino Rossi, Frank Sinatra et Yves Montand. En réalité, la chanson fut d’abord un grand succès de Haydn Wood, enregistrée dès 1917 sous le titre de Roses of Picardy. Le véritable emblème de la Picardie, toutefois, ce serait plutôt la betterave à sucre, introduite dans la région en 1830 et cultivée depuis avec un succès qui ne se dément pas.

La nation picarde a également un drapeau, ou du moins un blason : écartelé au I et IV d’azur à trois fleurs de lys, au II et III d’argent à trois lions de gueules. Claude Gewerc en possède un exemplaire dans son bureau, offert par un ami le jour de son accession au trône de Picardie : c’est le vrai drapeau d’un régiment picard sous l’ancien régime. Apprenant que la région était menacée par des manœuvres parisiennes, Gewerc a immédiatement réagi face aux caméras de télévision : «Eh bien si c’est comme ça, nous réclamerons l’autonomie !» C’était bien sûr à prendre avec un grain de sel, tenait-il à préciser hier.

Enfin, il faut évoquer quelques enfants célèbres de Picardie : Jean-Pierre Pernaut, Elodie Gossuin, Sébastien Cauet… mais aussi Jean de la Fontaine, Jean Racine, Jean-Baptiste de Lamarck, Alexandre Dumas, Jean Calvin, Paul Claudel…

Un patrimoine «composite»

Il ne se résume pas aux Fatals Picards, dignes représentants de la France au concours de l’Eurovision en 2007, où ils ont fini 22e sur 24 (à noter que leur chanson Picardia Independenza semble être le premier et dernier manifeste sécessionniste de la région). Le patrimoine commun est d’abord littéraire, les plus belles œuvres ayant été ciselées au XIXe siècle. En 1893, Edouard Paris allait jusqu’à traduire en amiénois l’évangile de Matthieu : S’Sint Evanjil slon Sin Matiu.

La Picardie administrative rassemble des «pays» très différents, de l’Oise normande à l’Aisne champenoise en passant par la Somme maritime, si bien que patrimoines architecturaux et coutumes sont fort variés. Mais «c’est le lot de toutes les régions que d’avoir une identité composite», souligne Claude Gewerc. Quant aux nouveaux habitants du sud de l’Oise et de l’Aisne, Franciliens qui ont fui l’Ile-de-France par les lignes du RER D, en quoi peuvent-ils se sentir picards aujourd’hui ? Gewerc : «L’appartenance à la région aujourd’hui, ce n’est plus la langue, mais une façon de vivre autrement, sur de grands espaces.»


Source ÉDOUARD LAUNET  - Libération.
 

Commentaires

mardi 29 mars 2011

Webmaster S.V. dit :RE

J'ai du écourter votre commentaire trop long mais intéressant. "improprement" dans ce contexte signifie que si on appelle ce parler picard ou ch’ti, il s’agit de la même langue et non pas d'un patois ch'ti.

mardi 29 mars 2011

Nos racines dit :nord pas de calais

Je relève dans cet article : "Dans le Nord-Pas-de-Calais, cette langue est appelée improprement chtimi." Pourquoi improprement ?

jeudi 09 juillet 2009

Qqun dit :et alors

et maintenant ?

Auteur
*
Email (Invisible sur le site)
*
Titre
*
Message
Veuillez patienter ...