Le travail de la terre au moyen âge

Augmenter les surfaces cultivées

Depuis l'an mille, de nouvelles villes sont nées  et se sont développées autour des châteaux. Moins soumises que les campagnes à l'autorité des seigneurs, elles attirent des paysans qui cherchent une vie meilleure, des marchands étrangers qui fréquentent les grandes foires commerciales ou des étudiants de tous pays qui s'inscrivent dans les universités. 

Mais comment ces cités vivraient-elles sans la campagne proche qui fournit le bétail et le grain, la laine et le cuir, les pierres et le bois ?

A partir du 11e siècle, les seigneurs poussent les paysans à défricher les forêts. Dans les clairières, de plus en plus vastes et nombreuses, des villages s'installent, entourés de champs protégés par des haies. Lorsque ces défrichages  menés également par les moines s'achèvent au 13e siècle, il n'y a déjà  plus de terres sauvages à conquérir dans le nord et l'ouest de la France. 

L'importance du labour

La charrue à roues munie d'un versoir (lame courbe) se répand en Europe à partir du 12e siècle. Tirée par un ou deux boeufs, plus rarement par un cheval, elle retourne plus efficacement le sol, lui apportant tout l'oxygène nécessaire. Pour aplanir les mottes, les paysans passent ensuite la herse dont les dents sont en bois, car le métal vaut cher.

Pour tenter d'augmenter les récoltes, les paysans pratiquent un "assolement triennal".  Avant les labours de l'automne, les chaumes sont parfois brûlés afin que les cendres fertilisent la terre.

La moisson

En  juin, le foin est fauché avec une faux façonnée par le forgeron.

Les céréales sont moissonnées à la faucille : les tiges sont coupées à mi-hauteur et l'on garde la paille pour nourrir le bétail.

Les épis sont ensuite battus au fléau ; puis la récolte est stockée dans les greniers à l'abri de l'humidité.

Tous ces efforts malgré les outils à leur disposition donnent souvent un résultat médiocre : au mieux un rendement de 5 à 6 grains récoltés pour un grain semé.

Le temps des vendanges

La vigne pousse près des villages, dans les enclos les plus ensoleillés.

Les vendanges, comme les moissons, sont un temps fort de l'année, exigeant beaucoup de main-d'oeuvre. Les grappes, coupées une à une, sont transportées dans des hottes jusqu'aux cuves où le raisin est foulé aux pieds avant d'être pressé. Le vin obtenu est vendu dans l'année car il se conserve mal.

L'élevage

Le bétail paît dans les jachères, le long des chemins, il est mené quelquefois en forêt car la culture des céréales laisse peu de place aux herbages.

Dans le sud, moutons et chèvres sont élevés dans les garrigues. En été, les paysans pratiquent la transhumance : ils emmènent leur troupeau en montagne à la recherche de pâturages.

Le foin, destiné en priorité aux chevaux des seigneurs, est insuffisant pour nourrir les troupeaux pendant l'hiver, c'est pourquoi une partie du bétail est abattue à l'automne.

 

Seigneurs et paysans

Voici les paroles du troubadour Bertran de Born qui montrent ce que certains seigneurs pensaient des paysans au Moyen Age :

"Le paysan vit comme un porc ; il n'aime pas la vie gracieuse et, quand  il s'élève à une position prospère, la richesse lui monte à la tête. Le mieux est donc de lui garder l'auge vide, de dépenser son bien et de lui faire souffrir le vent et la pluie"

Des témoignages différents ont cependant été recueillis à la même époque. L'écrivain normand Wace se désole du sort des paysans :

"Chaque jour, on leur prend leurs bêtes, pour les corvées et pour les aides ; tant il y a de plaintes et querelles, et taxes vieilles et nouvelles, ne peuvent avoir une heure de paix".

Un village peut dépendre de plusieurs seigneurs qui possèdent chacun un moulin, quelques arpents de forêt ou des vergers. Les relations entre maitres et villageois sont souvent chargées de conflits et l'exploitation des seigneurs pèse lourd sur la population paysanne.

Les seigneurs confient la gestion de leurs domaines à des intendants qui prélèvent les redevances. Souvent malhonnêtes, ceux-ci s'enrichissent au détriment des paysans.

Les redevances

La majorité des paysans sont locataires de parcelles de terre appelées "tenues" qui comprennent leur maison, leur potager et des champs cultivés. Ils paient un loyer en versant à leur seigneur une somme d'argent fixe, le "cens", ou une partie de leur récolte, le "champart".

Les paysans doivent également payer la protection du seigneur, qui peut les abriter dans les murs de son château lors des guerres. Le maître exige donc des villageois qu'ils exécutent des corvées telles que l'empierrement des chemins, le curage des fossés, l'entretien des murailles...

Qui sont ces paysans ?

Ceux qui possèdent leur propre terre sont appelés les "alleutiers". Ils sont peu nombreux et surtout présents dans le sud de l'Europe.

Les serfs, eux, ne sont pas libres : ils ne peuvent pas quitter la terre de leur seigneur, ni disposer de leurs biens et sont soumis à des redevances particulières.

Dès le 12e siècle, les seigneurs multiplient les affranchissements en rendant leur liberté aux serfs contre une somme d'argent.

A la fin du Moyen Age apparurent les "laboureurs", des paysans aisés possédant des boeufs et des attelages qu'ils louaient aux autres. Ils pouvaient acheter des terres et continuer de s'enrichir.

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